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samedi 4 août 2018

ARTICLE DU JOURNAL SUD-OUEST DU 31-07-2018

Le journal Sud-Ouest a publié, le 31 juillet 2018, un article :  https://www.sudouest.fr/2018/07/31/bordeaux-une-septuagenaire-mortellement-percutee-par-un-ter-5275489-2780.php

Le journaliste décrit un dramatique accident ferroviaire du TER Macau-Pessac sur un passage à niveau, rue Pasteur à Caudéran. Il nous renseigne sur la fréquentation de cette ligne à l'heure de pointe, 9 heures : de Macau à Pessac, 4 passagers seulement...
Depuis plusieurs mois les riverains de la gare de Pessac et l'association Talence Gare Multimodale dénoncent la très faible fréquentation de ces TER.
Je rappelle que ce projet voulu et financé par la Région Nouvelle Aquitaine a coûté 25 M € (reconstitution du triangle des échoppes) + 3 M € (autorail de 171 places assises), entraîne un déficit annuel d'exploitation de 1,4 M € et crée des nuisances aux riverains de la gare de Pessac.
Pour supprimer les nuisances en gare de Pessac, le Maire de Pessac a organisé 2 réunions avec les différents acteurs (SNCF, Région, riverains et association) et a, en vain, essayé d'obtenir de la Région Aquitaine le nombre de voyageurs empruntant ces TER.
La Région Nouvelle Aquitaine a refusé de communiquer la fréquentation de ces TER, qui comptent en moyenne moins de 5 voyageurs par TER, selon les comptages effectués par les riverains et association.
Le constat du journaliste de SO confirme, s'il en était besoin, ces comptages et prouve que le projet de reconstitution du triangle des échoppes et des dessertes Pessac-Macau ne répondent pas aux besoins de transport de la population.
Depuis des années les Talençais demandent en vain à la Région Nouvelle Aquitaine que les TER des lignes Bordeaux-Le Verdon et Bordeaux-Hendaye s'arrêtent à Talence Médoquine. Il y a là un véritable potentiel de voyageurs que le Président de Région n'a jamais voulu exploiter ; en effet, il a préféré financer le projet foireux et coûteux de Pessac plutôt que le projet de Talence qui aurait augmenté le nombre de voyageurs dans les TER des 2 lignes.
Le pire est que le projet foireux des dessertes Pessac-Macau obère sérieusement le bilan financier de l’ensemble de la ligne du Médoc et les médocains doivent être conscients que le maintien des dessertes Pessac-Macau constitue une menace sérieuse pour l'avenir de la ligne du Médoc devenue désormais fortement déficitaire.

Germain Suys Président de l'association TGM

mardi 24 juillet 2018

PRÉSENTATION DU PÔLE MULTIMODAL DE TALENCE MÉDOQUINE



Après avoir cité quelques-uns des nombreux avantages attendus par l'arrêt des TER en gare de Talence Médoquine, la Mairie invite la population à signer une pétition en ligne. L'association Talence Gare Multimodale se réjouit que la Mairie de Talence s'engage enfin fermement à demander l'exploitation de sa mine d'or de transport en commun. L'association qui n'a jamais cessé de demander l'arrêt des TER des 2 lignes veillera à ce qu'il en soit ainsi et qu'on ne se contente pas du miroir aux alouettes.
En conseil communal du 18 octobre 2012, je présentais un projet de pôle multimodal  pour Talence Médoquine. Ce projet prévoyait notamment l'arrêt des TER des 2 lignes Bordeaux-Le Verdon et Bordeaux-Hendaye et la correspondance avec la Liane 8 empruntant le pont de la Mission Haut-Brion.
Le 2 juin 2018, l'association Talence Gare Multimodale a installé sur le pont de la Mission du Haut Brion à Talence, au-dessus des voies SNCF plusieurs panneaux pour informer les citoyens sur les installations de ce futur pôle multimodal.
Les citoyens ont ainsi découvert :
a) les installations ferroviaires avalisées par SNCF Réseau (étude mars 2015)
b) les installations proposées par le cabinet CREHAM pour faciliter l'intermodalité
c) les renseignements complémentaires fournis par l'association sur la circulation des TER, sur les gares desservies, sur le coût de différents projets, sur l'ordre de priorité des projets, etc.
Voici l'essentiel des informations fournies:
1) LES INSTALLATIONS FERROVIAIRES (voir plan ci-dessous)
Création de 3 quais voyageurs reliés au pont de la Mission Haut Brion par escalier et ascenseur :
- le quai n°1 dessert la voie des TER Bordeaux vers Arcachon, Bayonne, Pau, Mont-de Marsan.
- le quai n°2 dessert à la fois la voie des TER venant d'Arcachon, Bayonne, Pau et Mont de Marsan et la voie des TER Bordeaux-Le Verdon avec possibilité de correspondance sur le même quai.
- le quai n°3 dessert la voie des TER Le Verdon-Bordeaux.
Chaque quai dispose d'abri de quai avec sièges, de l'éclairage, de la signalétique, de la sonorisation, de l'information voyageurs par écran.
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2) LES INSTALLATIONS DU PÔLE (voir plan ci-dessous)
Ces installations seront réalisées par la Métropole.
a) dans l'ancienne cour fret de la gare de Talence Médoquine
- création d'un parking automobiles de 62 places dont 2 places pour personnes à mobilité réduite, 2 pour taxis, 4 pour Citiz, 4 pour Bluecub.
- création d'un parking vélo avec abri. 
L'accès à ces 2 parkings est prévu par l'avenue de la gare.
La sortie est prévue, comme actuellement par la rue Lafon.
Je regrette personnellement que la proposition de mettre l'avenue de la gare à double sens a été rejetée par l'ancien maire de Talence.
b) sur le pont de la Mission Haut Brion
- création d'un arrêt /station pour TCSP, bus et cars 
- création d'une station V CUB+ 
- création d'un emplacement pour bus en attente.

c) des aménagements cyclables sont prévus pour parvenir au parking


3) LA DESSERTE FERROVIAIRE
AINSI, DEPUIS MARS 2015, LE DÉCIDEUR EN MATIÈRE DE TRANSPORTS RÉGIONAUX, LA RÉGION NOUVELLE AQUITAINE, CONNAÎT LES INSTALLATIONS NÉCESSAIRES POUR ARRÊTER LES TER A TALENCE MÉDOQUINE.
POURTANT DEPUIS MARS 2015 LE DOSSIER DORT. 3 ANS PERDUS. POURQUOI ?
TALENCE EST UN CAS UNIQUE EN FRANCE

Talence, ville de plus de 40 000 habitants avec un Centre Universitaire, située sur 2 lignes de chemin de fer sur lesquelles passent journellement 101 TER et  AUCUN TER NE S'Y ARRÊTE.
a) La ligne PRINCIPALE  Bx-Irun 78 TER
La desserte journalière  est constituée de :
- 25 allers-retours Bordeaux-Arcachon, la ligne la plus fréquentée de la Région Nouvelle Aquitaine 
-  7 allers-retours Bordeaux-Mont de Marsan
-  7 allers-retours Bordeaux-Dax (Hendaye et Pau)

33 points d'arrêt desservis directement dont les plus fréquentés sont :  

- Arcachon, Biganos-Facture, Gujan-Mestras, La Teste

- Mont de Marsan, Morcenx

- Dax, Pau , Bayonne, Biarritz, Hendaye, Saint-Jean de Luz, Orthez





Hors métropole, les TER de la ligne Bordeaux-Hendaye desservent des communes qui totalisent 392 888 habitants.
b) la ligne du Médoc 23 TER seulement
La desserte journalière  est constituée de :
- 4 allers-retours Bordeaux-Le Verdon 
- 5 allers-retours Bordeaux-Lesparre 
- 1 aller-retour  Bordeaux- Pauillac
- 1 aller-retour Bordeaux- Macau
- 1 aller Bordeaux-Lesparre
14  points d'arrêt desservis directement.
L’arrêt le plus fréquenté est Lesparre.
23 TER seulement et sans possibilité  de créer d'autres TER sauf à supprimer les TER Pessac-Macau très peu fréquentés.

Depuis la fermeture de la gare de Bordeaux-Ravezies en septembre 2012, la fréquentation de la ligne n'a fait que dégringoler et la chute s'est encore accentuée avec la mise en service en décembre 2016 des navettes Pessac-Macau et la suppression de 3 allers-retours Bordeaux-Macau. 


Hors métropole, les TER de la ligne du Médoc desservent des communes qui totalisent           28 726 habitants


Il y a plus de voyageurs par jour dans la seule gare de Gujan-Mestras que dans tous les TER de la ligne du Médoc.

Conclusion sur la desserte ferroviaire : 

Il n'a échappé à personne que l'intérêt général est d'arrêter les TER de la ligne Bordeaux-Hendaye, plus nombreux, plus fréquentés, plus attractifs

Germain Suys Président de l'Association TGM 



 



lundi 25 juin 2018

A) DES ESTIMATIONS SUR LA FRÉQUENTATION DE TALENCE MÉDOQUINE

En 2016, la Région Nouvelle Aquitaine demande à un cabinet privé d'étudier la fréquentation des points d'arrêt de la ligne de ceinture et notamment la fréquentation de nouveaux points d'arrêt à Talence Médoquine et au Bouscat.
Voici les estimations de fréquentation du bureau d'études entérinées par le Comité de Pilotage du 12-10-2016 suivies de mes commentaires.

Nombre de voyageurs montés et descendus un jour ouvré 

1) en 2016 : 2130 à Pessac, 800 à Pessac-Alouette 

Commentaire : en juillet 2017, SNCF a publié les résultats annuels des fréquentations constatées :  689 986 à Pessac et 182 258 à Pessac-Alouette. L'estimation faite pour Pessac (2130) est acceptable car il faut tenir compte que  la fréquentation est plus faible l'été et les week-ends. La fréquentation de Pessac-Alouette ( 800) est nettement  surestimée car il suffit de 228 jours à 800 voyageurs pour dépasser la fréquentation annuelle recensée par SNCF. La fréquentation de Pessac-Alouette est en fait inférieure à 600 voyageurs par jour ouvré.

2) en 2030, sans création d'arrêt à Talence et au Bouscat : il y aurait 2550 à Pessac et 980 à Pessac-Alouette.

Commentaire : l'augmentation de fréquentation à Pessac (+420) est due à l'augmentation de la population, à la création des 19 TER Pessac-Macau et aux correspondances créées de ce fait (un voyageur en correspondance est compté deux fois). La fréquentation de Pessac-Alouette augmenterait de + de 50 % par rapport aux résultats constatés par SNCF. Malgré la mise en service le 22-6-2015 du prolongement de la ligne B du tram, la fréquentation de la halte SNCF de Pessac-Alouette a baissé entre 2014 et 2016; en 2016 la station TRAM de Gare Alouette restait  l'avant-dernière station fréquentée de la Métropole. 

3) en 2030, avec arrêt à Talence Médoquine des 23 TER Bordeaux-Médoc : il y aurait 2430 voyageurs à Pessac, 380 à Talence Médoquine et 980 à Pessac-Alouette.

Commentaire : On constate que  l'arrêt des TER du Médoc à Talence Médoquine ferait perdre 120 voyageurs à Pessac. C'est l'aveu implicite que la construction du triangle des échoppes était une erreur manifeste ; en effet, à ce jour la fréquentation en gare de Pessac des 19 TER est très loin d'atteindre les 120 voyageurs journaliers. L'arrêt à Talence créerait 260 nouveaux usagers.

4)  en 2030, avec arrêt à Talence Médoquine des 23 TER Bordeaux-Médoc et des 49 TER  Bordeaux-Arcachon, il y aurait 800 voyageurs à Talence-Médoquine, 2210 à Pessac et 980 à Pessac-Alouette.

Commentaire : L'étude n'a pas retenu l'arrêt des 14 TER Bordeaux-Mont de Marsan et des 14 TER Bordeaux-Dax (Pau et Hendaye ) alors que les infrastructures permettent l'arrêt de ces TER et que le rapport Duron a reconnu que la ligne n'était pas saturée. L'étude devait tenir compte de la possibilité d'arrêter ces 28 TER. 
On constate que la fréquentation à Talence Médoquine des 49 TER serait de 420 voyageurs dont 220 perdus par Pessac. L'arrêt à Talence ne créerait que 200 nouveaux usagers.
Etonnant de constater que les 49 TER de la ligne la plus fréquentée de Nouvelle Aquitaine créeraient moins de voyageurs que les 23 TER de la ligne la moins fréquentée de la métropole.
Surprenant de se rendre compte qu'avec 420 voyageurs, Talence ne ferait pas mieux que La Hume, second point d'arrêt de la commune de Gujan-Mestras (20 575 habitants). Stupéfiant de voir que Pessac-Alouette (980 voyageurs ) et second point d'arrêt de la commune de Pessac aurait plus de 2 fois plus de voyageurs que Talence ( 42 858 habitants), commune la plus dense de Nouvelle Aquitaine et son centre universitaire.
Il est manifeste que la fréquentation annoncée pour Talence Médoquine est très nettement sous-estimée. Il est totalement anormal que la Région Nouvelle Aquitaine qui connaît la fréquentation de toutes les gares de la ligne ne se soit pas rendu compte de cette erreur grossière.

5) en 2030, avec arrêt au Bouscat des 19 TER Pessac-Macau et des 23 TER Bordeaux-Médoc, sans création d'arrêt à Talence Médoquine : il y aurait  510 voyageurs au Bouscat, Caudéran-Mérignac en perdrait 20 et Bruges 40 ; Pessac serait inchangé avec 2550 voyageurs. L'arrêt au Bouscat créerait donc 450 voyageurs nouveaux : un résultat très, très flatteur.

Commentaire: Je constate que la création de l'arrêt du Bouscat ne modifie pas la fréquentation de la gare de Pessac, ce qui prouve, une fois encore l'inutilité du triangle des échoppes.
Je note enfin que l' arrêt du Bouscat, distant de 1,5 km de l'arrêt de Bruges (60 voyageurs par jour en 2016), aurait une fréquentation 2 fois supérieure à la fréquentation actuelle de l'arrêt métropolitain le plus fréquenté de cette ligne ; cette fréquentation de 450 voyageurs nouveaux alors qu'une gare existait à 1,5 km sur cette ligne très peu fréquentée est totalement inexplicable ; manifestement, le cabinet d'étude n'a pas tenu compte du tracé de la ligne ferroviaire et de l'existence des lignes de tram existantes  arrivant déjà au cœur de la métropole. Autre étonnement : l'arrêt du Bouscat attirerait  plus de voyageurs que l'arrêt de Talence. 
Et voilà comment l'étude a démontré qu'il était plus intéressant d'arrêter les TER au Bouscat qu'à Talence.

Mes observations sur l'étude seraient insuffisantes si je n'estimais pas la fréquentation du pôle de Talence Médoquine.

a) concernant la ligne Bordeaux-Médoc 
Tant que les navettes Pessac-Macau seront maintenues, je pense que la fréquentation de 380 voyageurs pour les 23 TER Bordeaux-Médoc est optimiste car les horaires ne sont pas suffisamment attractifs notamment pour les pendulaires.
Si les navettes Pessac-Macau sont supprimées au bénéfice de TER Bordeaux-Macau, je pense que la fréquentation de 380 voyageurs est réaliste notamment s'il y a arrêt sur l'autre ligne.

b) concernant la ligne Bordeaux-Hendaye
Compte tenu que le pôle de Talence Médoquine disposera d'avantages incontestables sur celui de Pessac : situation sur un axe routier stratégique, accessibilité des 2 roues, parking propre aux usagers SNCF, quartier populeux, excellente proximité du domaine universitaire, du CHR, du centre de Bordeaux, l'arrêt des 77 TER de la ligne s'impose. Je pense que dans ces conditions la fréquentation de Talence dépassera celle actuelle de Pessac soit 2800 voyageurs (dont 1000 reportés de Pessac).
Le Président de la Région Nouvelle Aquitaine a tout fait pour favoriser la gare de Pessac et  parfois au détriment  de l'intérêt général, il n'est  pas surprenant de constater que l'étude financée par la Région ne fasse pas apparaître la nécessité d'arrêter les TER à Talence et les conséquences en résultant pour Pessac.

Germain Suys


B) DES QUAIS EN OR POUR TALENCE-MEDOQUINE ?

La création d'un nouveau point d'arrêt des trains nécessite la création de quais aménagés (abris de quais, éclairage, information aux voyageurs, sonorisation, composteurs, signalétique ...) accessibles à toutes les personnes.

Ce n'est pas la  première fois que la Région Nouvelle Aquitaine participe au financement des installations nécessaires à la création ou au déplacement d'un point d'arrêt (Mérignac-Arlac, Cenon, Parempuyre, Pessac ...) ; le coût de  tels travaux a également été estimé pour Le Bouscat et Talence Médoquine.

La Région Nouvelle Aquitaine ne peut ignorer le coût de telles installations surtout après le bras de fer avec SNCF Réseau concernant le déplacement du point d'arrêt de  Pessac-Alouette-France.

-  A Pessac-Alouette, le point d'arrêt va être déplacé d'une bonne centaine de mètres, ce qui entraîne la création de deux nouveaux quais aménagés, d'un nouveau cheminement, de deux escaliers, de deux ascenseurs, de 2 ancrages caténaire.
Le coût de ces travaux, entièrement financés par SNCF Réseau, est de 750 000 euros (Voir ici)

-  A Talence Médoquine, il faut construire 3 quais aménagés, 3 ascenseurs et trois escaliers : la nature des travaux à réaliser est la même qu'à Pessac-Alouette ; seule, la quantité d'ouvrages à réaliser diffère (2 à Pessac-Alouette, 3 à Talence), mais la véritable différence, c'est le coût: 11,63 Millions d’euros à Talence. (Voir ici15 fois plus qu'à Pessac-Alouette.
Le coût des travaux de quai à Pessac-Alouette est comparable à celui des autres projets cités ci-dessus et déjà réalisés ; il est aussi comparable à celui du Bouscat où il faut ajouter le remplacement du pont-rail à 2 tabliers enjambant la Route du Médoc et l'élargissement de la plateforme ferroviaire.

Il est donc très étonnant que la Région Nouvelle Aquitaine, compte tenu de ses compétences acquises par l'expérience, ne se soit pas interrogée sur le montant excessif du coût des travaux talençais.

Si les travaux sont réalisés en une seule fois, le coût total des travaux devrait être voisin de  1,8  M€, y compris les travaux liés au mur de soutènement le long de la voie Bordeaux- Arcachon.

Germain Suys


C) LES CONCLUSIONS DU CABINET D’ÉTUDES

Les projets de création de point d'arrêt des TER à Talence Médoquine et au Bouscat sont des projets modestes qui n'exigent pas la réalisation d'une étude socio-économique et le cabinet d'études s'est contenté, à juste titre, d'évaluer un critère « intérêt du projet » en calculant pour chaque scénario le ratio entre le nombre de voyageurs concernés par le montant investi en millions d'euros. Cette formule n'est pas critiquable si le nombre de voyageurs concernés et si le montant du projet sont sincères ; or, nous avons vu que le nombre de voyageurs pour Talence a été sous-estimé et que le coût du projet a été surestimé, ce qui fausse totalement le résultat.

C'est ainsi que le cabinet a trouvé, en cas d'arrêt des 23 TER Bordeaux-Le Verdon  et des 49 TER Bordeaux-Arcachon, que 800 voyageurs étaient concernés et que le coût du projet était de 13,3 M€ (11,63 pour les travaux SNCF+ 1,7 pour les travaux d'aménagement métropolitains), ce qui donne 60 voyageurs par M€ investi.
Or, en toute logique : 

      il fallait prendre en considération l'arrêt de tous les TER de la ligne Bordeaux-Hendaye, puisque les infrastructures et la capacité de la ligne permettent l'arrêt de tous ces TER et ne prendre en considération que les voyageurs nouveaux empruntant les TER.

     Ce qui donne le résultat suivant :

- nombre de voyageurs : 
sur la ligne du Médoc : 260 (380-120 reportés de Pessac).
sur la ligne Bordeaux-Hendaye : 1800 (2800-1000 reportés de Pessac), soit au total 2060 voyageurs

coût du projet : 3,5 M € (1,8 pour travaux ferroviaires et 1,7 pour les travaux métropolitains). 
Ce qui donne : 2060/3,5 = 588 voyageurs par M€ investi. 

Ce résultat est à comparer avec ceux obtenus dans les points d'arrêt créés par la Région Nouvelle Aquitaine ces dernières années.

Je n'aurai pas l'outrecuidance de calculer ce ratio pour le triangle des échoppes puisque la Région Nouvelle Aquitaine a investi pour perdre des voyageurs.

Germain Suys
          

mardi 24 avril 2018

COMMENT LE PROJET DU TRIANGLE DES ÉCHOPPES A ÉTÉ VALIDÉ ?

La 1ère étape : l'enquête publique : Le projet de reconstitution du triangle des échoppes a fait l'objet du 12-11-2013 au 12-12-2013 d'une enquête publique. Le dossier d'enquête publique prévoyait la création d'une voie électrifiée de 1500 mètres entre la ligne de ceinture et la gare de Pessac afin d'améliorer l'accessibilité au pôle universitaire de Pessac depuis le Médoc et de créer 10 allers retours entre Pessac et Macau en conservant les dessertes TER entre les différentes gares du Médoc et la gare Saint Jean. Le dossier indiquait que, grâce au projet, la fréquentation de l'ensemble de la ligne passerait de 411 000 voyageurs en 2010 à 639 000 voyageurs en 2015. A l'issue de l'enquête publique, le commissaire-enquêteur consignait succinctement dans son rapport les 128 observations inscrites par le public dans les registres : 83 observations proposaient d'étudier une solution de bon sens tellement évidente : arrêter les TER à Talence Médoquine (cette ancienne gare où les TER médocains passent sans s'arrêter et qui est très proche du domaine universitaire de Talence-Pessac-Gradignan). Beaucoup demandaient d'effectuer une étude comparative des 2 projets avant de s'engager dans une dépense jugée inutile ; certains démontraient même que le projet pessacais allait à l'encontre de l'intérêt général. Négligeant la possibilité d'une étude comparative entre les 2 projets, le commissaire-enquêteur, sourd à la majorité des autres observations se déclarait favorable « en raison de l'intérêt général de l'opération sous réserves que RFF tienne ses engagements sur les questions de bruit ... »
La 2ème étape : la demande d'annulation de la déclaration de projet.
Le 29-7-2014 une requête était déposée au Tribunal Administratif de Bordeaux demandant l'annulation de la déclaration de projet.
Le 25-11-2014, le juge des référés, sans même examiner les motifs profonds exposés par les requérants, rejetait leur demande de suspendre les travaux en attendant le jugement sur le fond.
Le 3-3-2016, audience au TA : après avoir entendu les conclusions du rapporteur public et un autre requérant qui avait tenu à souligner les postes que j'avais occupés à la SNCF, le Président de la séance me donna la parole par un : « soyez bref » ce fut son seul « soyez bref » de toute la matinée. En moins de 5 minutes, j'exposais pourquoi le projet ne serait pas respecté et serait un échec. Le Président de séance donna ensuite la parole à l'avocat de la partie adverse qui prit tout son temps pour rappeler ce qu'il avait déjà écrit. Bien entendu, une note de synthèse en délibéré fut remise après l'audience.
Le 30-3-2016, le jugement  ne mentionnait même pas nos justifications  sur la baisse de fréquentation, sur la suppression de 8 TER entre Bordeaux et  Macau, sur les atteintes à l'environnement et le jugement concluait ainsi sa parodie de justice : « les inconvénients allégués par les requérants, en particulier au nom du gaspillage de l'argent public et de l'intérêt général des français ne sont pas de nature à excéder l'intérêt que présente l'opération et à lui retirer, par suite, son caractère d'intérêt général ».
Les requérants étaient condamnés à verser globalement 1200 € à celui qui a tout faux.
La 3ème étape : le bilan :  
Investissement : 25 M € pour l'infrastructure et 3,8 M € pour le matériel moteur
Déficit annuel d’exploitation : 1, 4 M € 
Fréquentation en 2010 : 411 000 ; annoncée par le projet dès la première année de mise en service : 639 000 ; selon ce qui m'a été avoué :228 000 
Problèmes environnementaux : les TER parcourent 116 952 km supplémentaires par an pour transporter 183 000 voyageurs en moins. RFF ne respecte pas les conclusions du commissaire-enquêteur en ce qui concerne le bruit.
Questions : Où est le caractère d'intérêt général de cette opération ? Sur tous les points le Tribunal Administratif s'est lourdement trompé. La 2ème question est : pourquoi un Tribunal Administratif ayant en sa possession tous les éléments pour prendre la bonne décision ne l'a-t-il pas prise ? 

Germain Suys

jeudi 5 avril 2018

FAUT-IL MAINTENIR UN TRAIN SANS VOYAGEURS ?

Dans le journal municipal de Pessac (voir ci-dessous), la majorité municipale s'interroge, à juste raison, s'il faut maintenir les dessertes ferroviaires Pessac-Macau. 
Comme les participants à la réunion en mairie de Pessac, j'ai entendu le représentant du Conseil Régional bredouiller les chiffres de fréquentation : « 2400 voyageurs PAR AN et une augmentation de fréquentation de 22% entre janvier et octobre 2017 ». Il n'a pas été possible d'en savoir plus malgré plusieurs relances. Il aurait pourtant été intéressant de connaître, d'une part le nombre de voyageurs en gare de Pessac selon les trains, selon les jours de la semaine, l'occupation des TER entre Pessac et Macau. Il apparaît, par ailleurs, que le seul renseignement fourni est, de plus, erroné, 2400 voyageurs par AN alors que 456 à 516 TER circulent entre Pessac et Macau chaque MOIS (sauf en juillet et août où il y en a moins de 400). Le chiffre communiqué correspond plutôt à une fréquentation mensuelle et non ANNUELLE des TER de la ligne. Une fréquentation d’environ 5 voyageurs par TER, sachant que les TER Pessac-Macau offrent 171 places assises, le taux d'occupation des TER est très, très faible puisque les voyageurs n'empruntent pas les TER sur l'ensemble du trajet.  
Sur le réseau SNCF, le triangle des échoppes cumule avec Oloron-Bedous deux tristes records : plus faible taux d'occupation des TER, coût d'investissement par voyageur transporté le plus élevé de la SNCF. Il est donc légitime que, vu les nuisances subies par les riverains de la gare de Pessac, les élus municipaux pessacais se posent la question du maintien de la desserte de Pessac par les TER de Macau, d'autant que la fréquentation de la ligne du Médoc a fortement chuté depuis la mise en service des navettes Pessac-Macau. Lors de la réunion du 28-2 2018,.le représentant du Conseil Régional a fait preuve de beaucoup d'humour en parlant d'une augmentation de la fréquentation de 22% de janvier à octobre 2017 : cela correspond à environ un voyageur de plus par TER et, compte tenu de cette très forte augmentation,  il  a demandé du temps pour que cette ligne fasse ses preuves ; il est vrai qu' avec ce rythme de progression, les TER seront remplis dans 100 ans par nos arrière-petits-enfants ; il  a même annoncé que, grâce à l'arrêt prochain des TER  Pessac-Macau au Bouscat, les pessacais pourront se rendre à l'aéroport de Mérignac en empruntant au Bouscat la ligne D du tram. Malheureusement, M. le Conseiller Régional, la ligne D du tram ne va pas à l'aéroport de Mérignac et donc l'espoir de voir la fréquentation augmentée tombe à l'eau. M. le Conseiller Régional connaît assez mal le tracé des lignes SNCF et de tram de la Métropole, mais il faut lui rendre justice : il avait annoncé à la réunion précédente que les transports n'étaient pas sa spécialité.

Germain Suys